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Elle rompt avec les rendez-vous hebdomadaires au cabinet du spécialiste. Il s’agit ici de coller le plus possible à la réalité quotidienne,
pour laisser les situations rencontrées apporter matière à discussion. Les événements de la vie sont tous porteurs d'une charge pédagogique qu'il suffit d'activer si le moment paraît propice.
Cette façon d'opérer n'exclut en rien le recours à des spécialistes : psychologues, psychiatres, éducateurs, médecins... Elle doit permettre au contraire d'y faire appel lorsque
c'est nécessaire, et donc, d'aider à surmonter les réticences, les inhibitions, les idées reçues... faisant obstacle à la consultation d'experts en tel ou tel domaine.
Un seul objectif
L'épanouissement de la personnalité dans des dimensions propres à chacun, selon les modalités qui lui conviennent le mieux. Il n’est pas question ici de faire le bonheur de l’autre à sa place,
mais de le mettre en mesure de faire son propre bonheur et donc :
Les dimensions de la démarche
L'importance de la genèse du projet de vie
- On mise ici sur une élaboration du projet, au contact des réalités que l'on affronte côte à côte et qui fournissent matière au dialogue.
L'apport de normes
- Le respect mutuel dans les situations de la vie quotidienne, l'observation de règles du jeu, pouvant passer par différents interdits.
- Des solidarités nouvelles avec l'environnement.
Les épreuves
- Une "conscientisation-réparatrice" ne peut se produire sans éducation à l'effort et l'exposition à des épreuves, graduées, en fonction du sujet, de ses possibilités du moment et des
circonstances. On pratique surtout ici une pédagogie de la parole. Elle vise à faire prendre conscience qu'on ne s'en sort au bout du compte, qu'en endossant des responsabilités et en cherchant à
se comporter le plus possible de manière autonome.
Pari pris dans la logique
Une intervention pour, par et avec la personne en difficulté
- À la base, la passation d'un contrat moral où le sujet et l'accompagnateur s'engagent l'un vis-à-vis de l'autre.
- Le souci de prendre en considération la personne dans sa globalité, sans préjugé ni jugement de valeur, sans a priori ; le souci également d’appréhender le sujet dans une réalité plus vaste,
celle de son environnement, de son entourage.
- Une réponse à l'urgence dès qu'elle s'exprime, si possible en temps réel.
- L'aide à l'accouchement d'un projet de vie et donc, une mise en perspective.
- Un suivi personnalisé et un parcours qui respectent les rythmes, en misant sur le plein développement des ressources.
- La recherche d'une éthique de la responsabilité.
- La création d’un maximum d'occasions possibles favorisant le plein épanouissement des qualités et des compétences.
Un Espace-temps "Transitionnel"
- Une École de la vie hors les murs, directement en prise sur l'expérience vécue, les moments partagés, le fil de la vie quotidienne.
- C'est en ce sens que l'intervention est avant tout conçue comme un moment de vie réelle, propice à l'échange, au dialogue, à l'écoute, en contrepoint d'une culture de la violence, de
l'agressivité, du rejet de l'image négative de l'environnement.
- L'intervention doit par conséquent permettre d'en ressortir plus fort, mieux outillé, mieux armé, pour affronter la vie sociale, économique et culturelle.
- On mise ici sur un mélange de tolérance et de fermeté pour amener la personne à se créer ses propres limites.
- Si, dans un premier temps, l'intervention vise à créer les conditions protectrices nécessaires à la mise en œuvre de la "conscientisation-réparatrice", s'inscrivant dans l'action, elle se veut
surtout le support d'un parcours de cheminement qui vise l'autonomisation.
Quatre piliers
Écoute sensible
- Il s’agit d’un « écouter/voir » qui s’appuie sur l’empathie, où l’on doit : savoir sentir l’univers affectif, imaginaire et cognitif de l’autre ; comprendre de l’intérieur des attitudes et les
comportements, le système de valeurs.
- L’écoute sensible reconnaît l’acceptation inconditionnelle d‘autrui. On ne juge pas, on ne mesure pas, on ne compare pas. Il s’agit de comprendre sans pour autant adhérer.
- L’intervenant communique ses émotions, son imaginaire, ses interrogations, son ressenti. Il est présent c’est-à-dire consistant. Il peut ne plus accepter de travailler avec une personne si
certaines conditions heurtent son noyau central de valeurs, sa philosophie de vie.
La maïeutique, et même, la "maïeuéthique"
- Elle repose sur l'idée que tout individu contient en lui une richesse, un potentiel, une promesse, un don, une vocation, une espérance qui ne demande qu'à s'épanouir. Cette idée est en quelque
sorte le noyau autour duquel s'enroule toute l'intervention.
- Il s'agira donc d'amener à soi-même, de développer, ou du moins, d'aider au développement de la nature supérieure préexistante en chaque personne – de l'accoucher en quelque sorte - et de lui
permettre par là d'atteindre à sa juste nature.
Un accompagnement réciproque
- Chacun, en vertu de son expérience vécue, est porteur d'une culture qui lui permet d'être successivement l'enseigné et l'enseignant dans le processus auquel il participe. Cet échange de
position permet au sujet de mesurer l'étendue de ses connaissances, de ses compétences, de ses capacités, de l'intérêt qu'il est en mesure de susciter, et donc, de se valoriser ou de se
revaloriser à ses propres yeux.
Une approche dite permissive – impliquée – « multiréférentielle »
- Au lieu d'interdire, ce qui revient à laisser faire pour le pire, il s'agit plutôt ici de permettre au sujet de se poser à lui-même des limites, en crescendo.